Voici pourquoi nous devrions tous habiter sans voiture

La durabilité

De plus en plus de quartiers n’acceptent plus les voitures. Elles sont reléguées dans des parkings de délestage en périphérie des zones d’habitat. Ne plus avoir sa voiture devant sa porte, voilà bien une chose à laquelle beaucoup gens vont devoir s’habituer. Wim Billet de Mobiel 21 est convaincu qu’il y a beaucoup à gagner à vivre dans un quartier sans voiture.

« Nous retournons tout doucement vers le principe des quartiers du Moyen Ȃge. Tout ce dont nous avons besoin se trouve dans un rayon d’un quart d’heure, à pied ou à vélo. »

Nous devrions tous expérimenter un habitat sans voiture

Mobiel 21 est un centre indépendant qui mobilise les gens à faire le choix d’une mobilité durable.

Un quartier sans voiture en est un.  « Un quartier sans voiture ne signifie pas vivre sans voiture », nous explique Wim. « La voiture peut entrer dans la zone d’habitat pour décharger les courses ou déposer tranquillement votre grand-père, mais elle ne pourra pas se garer dans l’espace public. C’est à ça que servent les parkings de délestage en périphérie des zones d’habitat. »

Quartier à circulation sécurisée

« Les gens réagissent assez fort lorsqu’ils découvrent que leur voiture ne peut pas se garer devant chez eux », nous dit Wim. « C’est parce qu’ils ne connaissent pas encore les avantages. Il y a pourtant beaucoup d’effets positifs. Un tel quartier est beaucoup plus sûr lorsqu’il y a moins de voitures qui y circulent. Si une personne âgée veut sortir ou que des parents veulent laisser jouer les enfants dans la rue, ils sont en sécurité. »

Plus de contact social

Moins de places de parking signifie aussi plus d’espaces verts et plus de contacts sociaux. « Dans une rue où il y a beaucoup de voitures, vous ne connaissez en général que votre voisin immédiat. Dans un quartier sans voitures, vous connaissez aussi le voisin de votre voisin. Et c’est tout bénéfice pour la santé mentale de tous ! »

Des bonnes nuits

Un quartier sans voitures, c’est bon aussi pour notre santé. « Dans certains quartiers, le matin entre 6h et 7h, vous entendez des personnes qui prennent leur voiture pour aller au travail. Lorsque ces voitures sont garées sur un parking de délestage, vous ne les entendez plus et vous dormez mieux. Si votre voiture n’est pas devant votre porte, mais garée à 100 m de la maison, vous aurez plus tendance à prendre votre vélo pour aller chez le boulanger. Nous savons tous que faire 30 minutes d’exercice par jour est bon pour la santé ! »

Moins d’aménagement et d’entretien de parkings, moins d’accidents et un mode de vie plus sain… Selon Wim, les villes et communes qui font le calcul, arrivent vite à la conclusion que des quartiers sans voitures sont positifs pour la collectivité et coûtent moins cher.

État d’esprit de la société

Lorsque vous voyez tous ces avantages, pourquoi encore tant de réticence face à un habitat sans voiture ? « Les gens sont accrochés à leurs habitudes. Ils trouvent normal – et estiment même que c’est un droit – d’aller partout en voiture et de s’y garer. Et gratuitement de préférence ! Quand on y pense, c’est quand même surprenant : certaines personnes sont prêtes à mettre de l’argent dans l’achat ou la location d’un garage ! Mais par contre, nous sommes, en tant que société, prêts à sacrifier un espace public gratuit et à payer l’aménagement de places de parking. »

Changement de comportement

De plus en plus de villes et de communes sont conscientes de la valeur de l’espace public et limitent le stationnement. Wim : « Payer 300 ou 400 euros pour se garer dans le centre d’une grande ville européenne, n’est pas exceptionnel. Et en plus, ces recettes ne couvrent même pas tous les frais. Lorsque les gens rencontrent des barrières et doivent payer pour se garer, ils sont fâchés. Ils partent alors à la recherche d’une alternative. Pour changer un comportement, il faut bien plus qu’une carotte, il faut aussi le bâton ! »  

Exemples de quartiers sans voitures à l’étranger

Les pouvoirs publics doivent parfois prendre des mesures impopulaires. Il y a quelques années, lorsque la ville de Stockholm proposa de faire payer les voitures pour entrer dans la ville, de nombreux citoyens avaient voté contre. Le conseil communal a tenu bon et six mois après la mise en œuvre de cette mesure, les habitants y étaient majoritairement favorables. Ils avaient compris tous les avantages que cela pouvait leur apporter.

On remarque le même phénomène lors des dimanches sans voiture. Les gens ne sont pas contents. Mais des villes telles que Paris, Bordeaux, Mexico City et Bogota tiennent bon et en cueillent aujourd’hui les fruits. Le maire de Paris va même un pas plus loin et ferme certains grands boulevards à la circulation automobile. Dans leur programme électoral ils promettent de supprimer 60.000 places de parking (soit 72 % du total). Cette année, Amsterdam réduit de 10.000 le nombre de places de parking, et donne plus de place aux vélos en élargissant les rues qui leur sont réservées. Même dans une ville déjà habituée à la présence massive de cyclistes, c’est révolutionnaire. »

Le retour des quartiers

Les grandes villes sont souvent le moteur des projets de quartiers sans voitures. « Dans les années 70, elles établissaient déjà des plans de circulation. Les centres des villes étaient des centres historiques où rien n’était prévu pour la circulation. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de ‘quartiers urbains’ dans ces centres historiques : déjà au Moyen Ȃge, les habitants trouvaient tout ce dont ils avaient besoin au sein de leur quartier, comme faire leurs achats, se détendre ou travailler.

Beaucoup de communes et de promoteurs reviennent de plus en plus à ce principe. Un bel exemple est la capitale du Pays basque espagnol, Vitoria-Gasteiz. On ne parle pas de quartiers mais de ‘superblocs’ où le principe est le même : tout est facile d’accès à vélo ou à pied, et les voitures ne sont que des ‘invités’. L’usage de la voiture a diminué de 25 % et le nombre d’accidents de la circulation a aussi considérablement diminué.

Espace sécurisé pour les cyclistes et les piétons

« Malheureusement, il existe encore des normes de stationnement en Flandre : il faut aménager autant de places de parking minimum. Il faudrait renverser ce principe : un maximum pour les places de parking et un minimum pour les emplacements pour vélos. Un effet positif de la crise du coronavirus : beaucoup de communes prévoient plus d’espace pour que les cyclistes puissent respecter la distance de 1,5 m entre eux ! J’espère que nous verrons tous à quel point cet espace est agréable et le donnerons aux cyclistes et aux piétons après la crise. »

 
Des quartiers sans voitures dans la pratique?

Découvrez ci-dessous nos projets avec parkings de délestage

parkings de délestage

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